Deux projets pilotes en Wallonie

En Région wallonne comme en Europe, l’usage du motorhome connaît un essor significatif. Pour développer cette opportunité touristique, Benoît Lutgen, le Ministre wallon de l’Environnement et du Tourisme, a mis en place une politique pour l’accueil des motor-homes en Wallonie. Deux projets pilotes sont lancés: l’un dans la province de Namur et l’autre dans le Luxembourg.
Chez nous, ce sont les Maisons de Tourisme de Dinant et Rochefort qui se sont lancées dans l’aventure. Et le projet est retenu par le ministre. Concrètement, il s’agit de développer des aires d’accueil pour ce nouveau type de véhicule. Deux possibilités d’aménagements sont prises en compte par le ministre: la transformation d’un espace public ou l’adaptation d’un camp de camping.
Les investissements relatifs aux aires d’accueil complètes pour motor-homes seront subventionnés en fonction du type d’aménagement. Les campings bénéficieront d’une aide financière s’élevant jusqu’à 50 % du montant total

des travaux et les communes ou d’autres pouvoirs publics recevront une subvention couvrant jusque 90 % de leurs frais. L’objectif de ces soutiens financiers consiste à encourager les propriétaires et gestionnaires de campings touristiques et les communes à créer ou améliorer leurs aires d’accueil.
Pour aider les acteurs rochefortois, dinantais mais aussi les responsables des Maisons du Tourisme luxembourgeoises sélectionnées, le
Commissariat général au Tourisme est chargé de développer un comité de pilotage par projet.
Dans le secteur du motor-home et du caravaning, on se réjouit de la prise en compte du succès de ce nouveau mode de vacances. On constate que les caravanes cèdent le pas sur les
« maisons motorisées » mais on regrette l’arrivée tardive de ce type de mesure. «On constate une baisse des ventes de véhicules neufs, expliquent Willy et Guy Delvaux, vendeurs de motor-homes d’occasion à Wierde. Dans le même temps, lors du dernier salon professionnel de Bruxelles, il s’est vendu plus de motor-homes que de caravanes. Concrètement, l’essor de ces véhicules est freiné par le coût du carburant mais aussi le manque de structures d’accueil tant en France qu’en Belgique.» Par contre, on sait que, en Europe, un pays comme l’Allemagne est souvent cité en exemple.
A Narmur, on n’est pas non plus resté passif face à ce phénomène. Sous l’ancienne législature déjà, on a réfléchi à l’installation de ce type d’aire d’accueil. Le quartier
jambois d’Amée avait d’abord été choisi. Mais, devant1es protestations des riverains, le projet avait été abandonné, au grand dam des motorhomistes. « Nous avions aussi songé à l’ancien camping de Lives-surMeuse, explique Christian Vanderwinnen, le directeur de la Maison du Tourisme de Namur. Malheureusement, lors de mes derniers contacts avec les responsables du CGT, Commissariat Général au Tourisme, ceux-ci m’ont bien fait comprendre qu’ils n’étaient pas favorables à ce projet. Ils lui reprochent son manque de sécurité. En effet, au départ, tout devait se faire sans intervention humaine et les payements s’effectueraient grâce à des monnayeurs placés sur le site. Mais, selon le CGT, celui-ci est trop isolé et on peut craindre de la violence, de la délinquance et des vols. Cela dit, le dossier n’est ni abandon ni poursuivi, il est juste en attente.»
Au cabinet de l’Echevine Anne Degand, on se refuse à tout commentaire. Cependant, on sait que la mandataire communale devrait rencontrer le ministre Lutgen pour évoquer la question. Mais, personne ne devrait s’affoler sur ce dossier. Rien ne sera fait avant 2009. Et pour cause, en juillet et août prochains, le site de Lives accueillera un village de tentes pour que des scouts puissent y loger.
MM.

Article paru dans Actualité Namur  du 6 Avril 2008