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Quelques souvenirs du voyage à Saint-Pétersbourg en juillet 2007.
Avant d’entamer le voyage pour la Russie, Monique et Didier Verriest nous ont
épargnés d’un flot de tracasseries et de paperasseries préparatoires aux
diverses formalités frontalières. Nous tenons à leur adresser nos plus vifs
remerciements pour ces travaux ingrats.
A Terespole, sous la houlette de la voiture pilote, ayant à son bord
outre le chauffeur-mécanicien Emile, Olga, l’organisatrice russophone et son
interprète Anya, compétente traductrice, l’impressionnante colonne de
vingt-trois motorhomes se met en route.
Frontière Biélo-russienne, premier arrêt… et une idée de ce que veut dire « passer
quelques heures à la frontière ». Restons optimistes, une
bénédiction, que dis-je, une sanctification de nos motorhomes et occupants nous
attend à Brest consacrée par le rituel du pope de l’endroit et du partage
d’un morceau à rompre d’un gâteau-pain à la garniture astucieuse incluant des
godets de sel pour y tremper son morceau de pain.
Ainsi béni, le voyage ne peut que réussir.

Mardi 10/07/2007 : direction les environs de Minsk. Au passage, nous visitons un
étonnant château en briques rouges. Celui-ci peut nous donner une idée de la
puissance des princes Radziwill qui en ont été les propriétaires.
Le soir venu, nous logeons dans un endroit s’appelant « station de ski ».

Le lendemain, une halte sur la route traversant la Biélorussie en direction de
Minsk, nous permet de piétiner le sol de la Bérézina ; de marcher là où
passa jadis Napoléon. En voyant la plaine, Monique s’écrie « Et dire que nous
venons de Waterloo ! »Oui, mais ici il y a l’aigle à deux têtes qui est
l’emblème de la Biélorussie et un enclos (minuscule) de terre française.

Mercredi, la matinée est consacrée à la Culture et Marc Chagall. Visite
intéressante et explicitée pour une meilleure compréhension de l’artiste et de
son art. La lecture de l’encart rédigé par Katerina Eila-Dellea a également
éclairé nos lanternes.
Le bleu est la couleur préférée, la couleur de l’amour chez Chagall, car c’était
la couleur des fleurs que sa bien-aimée Bella lui rapportait. C’est également la
couleur de l’eau, de la pluie qui froidement nous a abondamment escortés. Le
passage au poste frontière de Bélarus-Russie fût une mémorable trempette
pédestre, interminable en formalités et palabres.
Après quatre longues heures, nous passons mais nous ne sommes pas sauvés pour
autant.
Que nenni, au menu : de la pluie, des stations d’essences en panne
d’électricité, de l’obscurité, des trous, des ornières, des kilomètres
qui s’allongent comme s’ils s’étiraient, de la cibie pour un florilège
d’idées diverses. Mais il en faut plus pour décourager la colonne qui
vaillamment arrive à 21,20 h au parking, aux environs de Pskov, le ventre creux
et pas de repas vu l’heure tardive.
La nuit portant conseil et la matinée offrant le repas loupé (non pas avec des
œufs de lompe, ni de caviar mais de saumon), nous reprenons gaillardement la
route, notre but étant, ne l’oublions pas St Pétersbourg. Mais cette
ville se mérite, et nous entamons la dernière épreuve : le périphérique.
Il est bien large, 5 à 6 bandes de circulation, avec une densité effroyable de
véhicules avançant à allure de crabe. Les impatients n’hésitent guère à faire
demi-tour et rouler en sens inverse. Vision surprenante et ahurissante.

Aiguillés par la cibie, nous entendons, « gardez la ligne du milieu » cela
parechocs contre parechocs ; « restez tous groupés sur le même bande », un vrai
sport ; « accident, dépassez par la droite », un art consommé pour ne pas se
faire emboutir ; « reprenez la ligne du milieu » la bataille du cm pour gagner
du terrain ; « maintenant c’est tout droit » ouf ; « encore quelques kilomètres
et nous arrivons » Question : le kilomètre de chez nous : 1km=1000m ou le
kilomètre de chez vous : 1 km=1000m+0=10 000m ? Réponse au bout d’un long, très
long chemin.
Mais il y a calcul plus astucieux encore, avec ces kilomètres là, il est bien
compliqué de jongler avec des réservoirs peu remplis, d’autant plus que la
station prochaine est incertaine et bien lointaine.

Epreuve réussie sans tôle froissée et arrivée au camping.

Samedi 11/07/2207 : comme le camping est éloigné de 18 km de la ville, le
parcours est meublé par les explications historico-culturelles d’une interprète
russe, prénommée Claire, ayant une connaissance approfondie de la langue
française et de sa prononciation.
Elle nous apprend que la ville fut fondée le 27 mai 1703 ; Pierre le Grand
veut une ville le long du littoral de la Baltique (impératifs commerciaux), une
ville autre que les autres villes russes, reprenant les idées occidentales qu’il
admire, une ville protégée des invasions suédoises (d’où la construction d’une
forteresse), une ville bâtie sur les marais de la Neva (mot russe voulant dire
boue), ville où se lèvent nuitamment 14 ponts (dont le spectacle est nommé les
nuits blanches jusques fin mai), une ville distante de 5 heures d’Helsinski ,
une ville multiculturelle et multiconfessionnelle.
Pierre le Grand, (1672-1725), est un géant tyrannique de 2,04 m, d’une
énergie inépuisable, homme se voulant polyvalent, prétendant être capable
d’exercer tous les métiers, arracheur de dents, introduisant l’impôt sur la
pierre, imposant la construction sur les marais insalubres de la Neva, (néva
signifiant en finnois boue et qui a englouti 150000 bagnards), exploitant une
main d’œuvre considérable, interdisant le port de la barbe, mettant sur pied
diverses institutions politiques et introduisant le calendrier julien. 0n peut
voir le monument le représentant « Le cavalier d’Airain » sur un socle
monolithique de plusieurs tonnes venant d’Olgino, Œuvre de Giacomo Falcone.
Toutes les visites sont si denses et si drues, nos yeux ne sont pas assez grands
pour tout voir et les images imprimées dans nos mémoires sont fugitives, les
splendeurs sont si nombreuses à assimiler que nous avons été nombreux à acquérir
les différentes documentations pour pérenniser nos souvenirs.
Aussi, je ne
ferai que partager avec vous quelques notes et anecdotes glanées au cours de ces
visites.

La Cathédrale St Isaac, église à dôme, occupe la 4ième place
en dimensions, après St Pierre à Rome, St Paul à Londres, Santa Maria del Fioré
à Florence et dont la construction coûta la vies à des milliers de serfs et de
paysans: la dorure est appliquée par chauffage sur un plaque de cuivre d’un
mélange de poudre d’or et de mercure : inutile de préciser dans quelles
souffrances ces personnes ont péri. Les colonnes du portique sont
monolithiques, soulevées par un astucieux système d’échafaudage. L’envergure
insoupçonnée de la colombe dans la coupole centrale est de 4 mètres.
Les Romanov, famille régnante de 1613 à 1917, dont les sépultures sont abritées
dans la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul, à la superbe iconostase sur
bois doré et sculpté, dont la caractéristique inhabituelle est une séparation en
iconostase masculine à droite et une iconostase féminine à gauche. Les
sarcophages des empereurs russes sont en marbre blanc, sauf ceux d’Alexandre II
et de son épouse alexandrovna en jaspe. Le dernier représentant de cette
dynastie fut Nicolas II, fusillé en 1918 ainsi que toute sa famille.

Les empereurs aimaient les palais, dont un premier, le palais d’hiver de 1763 à
1917 , conçu par l’architecte Rastrelli F. Il fait partie des cinq bâtiments
formant l’ ensemble de l’Ermitage.
C’est sous l’impulsion de Catherine II ( épouse de Pierre III, qui écarta son
époux du pouvoir avec l’appui de son favori et amant le feldmaréchal Orlov)
que l’Ermitage commença son ère de musée aux collections inestimables.
Inoubliable, la vue de la place du Palais avec l’édifice d’état-major,
merveilleux diadème de la ville.

Après l’hiver, il sied de passer les mois d’été au Palais d’été .
Pierre le Grand offre à sa future épouse, Catherine I, une métairie, qui sous
la houlette de deux personnalités deviendra le Tsarkoe Selo. La première
personne est Elisabeth Petrovna, fille de Pierre le Grand, oeuvrant avec son
architecte préféré Rastrelli F. C’est lui le concepteur de la Grande Salle ,
enfilade dorée magnifiée par de nombreuses sculptures dorées, de nombreuses
glaces, C’est au même architecte que l’on doit la présence de nombreux poêles
décorés de carreaux de Hambourg.
Autre merveille au cœur de Tsarkoe Selo : le salon d’ambre, dont c’est
une reconstitution, car l’original disparut, enlevé par les nazis en 1942.
Tsarkoe Selo
Peterhof
La seconde personne est Catherine II, la Grande, qui ordonna un réaménagement
du parc et la construction de divers pavillon. Elle commanda les travaux
principalement aux architectes Quarenghi Giacomo et Cameron Charles.
Pierre le Grand avait une résidence préférée : Peterhof, ainsi nommé en
l’honneur de son nom, une résidence d’apparat étalée sur un territoire de 102
hectares, dont le parc est agrémenté de cascades, de fontaines parées de
statues, bustes, bas-reliefs et vases, toutes alimentées par un ingénieux
système de vases communicants, formant un ensemble éblouissant.
En continuant la ronde des palais, nous visitons le palais Youssoupov où
la nuit du 16 décembre 1916 Grigori Raspoutine fut assassiné dans l ’étage du
sous-sol, où il fut attiré sous prétexte de lui présenter une des plus belles
femmes, l’épouse de Youssoupov.
Autre grande valeur pour les peterbourgeois, qui l’appellent « Pouchkine est
notre tout » : le plus grand poète russe Alexandre Pouchkine (1799-1837), tué en
duel, et à qui est dédié un musée Pouchkine dans le palais de la princesse
Volkonskaïa. .
Remarquons en passant, la grande propreté de la ville et la belle maintenance
des ses parcs.
Ma plume court et court et dans ma mémoire se déclenche un précepte acquis sur
les bancs de l’école : « Soyez bref et précis ». Alors fi aux longueurs. Je
laisse à chacun le plaisir de se remémorer ce voyage, soit par les photos,
soit par la caméra, soit par la littérature, et d’être heureux d’avoir vu la
ville de Saint-Petersbourg .
Par souci de
sincérité, je n’évite pas les quelques points négatifs, à mettre dans le
contexte de la région parcourue et de l’organisation russe. Cela ne nous fera
pas oublier que nous avons connu :
-
un groupe d’une unicité exemplaire,
-
une entraide sans faille et réconfortante,
-
une bonne humeur teintée d’humour « à la belge »,
-
l’excellente qualité des guides de la ville,
-
l’impeccable connaissance de la langue française,
-
une amabilité souriante de nos guides, nous pensons à Claire, Marie et
Anya ,
-
l’attention vigilante de Monique,
-
le souci du bon déroulement de Didier,
-
le travail d’une équipe oeuvrant dans l’ombre ingrate, nommons Chantal et
Paul,
A tous nous disons : Merci
Sans dorures,
Sans fioritures
Avec
gratitude. Annette
et Robert.
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