MINITRIP EN ROUSSILLON 

Roussillon, pays du soleil, du vent et terre de découvertes,

 

 

Six mois. Oui! Six longs mois que Rimor, Colette et moi, nous attendons,  ce grand moment. C’est assez dire si nous piaffons d’impatience pour prendre la route. Enfin tout est prêt. Et « Tutti va bene » alors ?. Oui.

Ouf ! Mais les impondérables ?  Cool mon vieux ! Cool !

Mais, au fait, pourquoi six mois ?   Eh bien voila ! c’est pour des raisons de santé et de maladie récurrente. Je dois vous dire que Rimor a été longtemps malade, il souffrait gravement à son combiné chauffage/boiler, heureusement, le docteur Alpha M.H. à Temse a diagnostiqué le mal et administré un remède de cheval (vapeur, bien sûr). Mais au fait, je suis impardonnable, je ne vous ai pas encore présenté Rimor. Rimor c’est notre …… Non, ça suffit comme ça, vous m’avez compris.

Donc, après une «checklist» sans problème, c’est parti. Nous sommes le mercredi 8 avril.

A midi nous sommes déjà à Reims, la pluie se met à tomber, froide, et Colette qui n’a pas envie de cuisiner sur la route, propose un petit resto, vite fait, vite pris à la cafétéria du « flunch ».

Au soir, nous sommes déjà à Auxerre et le soleil est réapparu. Aucune structure d’accueil/services camping-car n’est prévue, mais nos infos nous conduisent quai de l’ancienne abbaye, au port où plusieurs C.C. sont déjà installés pour la nuit. Promenade en ville (médiévale) et visite de l’abbaye Saint Germain, puis de la cathédrale Saint Etienne.  

Le lendemain soir, 9 avril nous sommes à Riom, à 15 kms au nord de Clermond Ferrand, et nous bivouaquons  sur une aire de services très pratique et très bien conçue, avec parking, 4 emplacements parfaitement délimités par des haies. Le soleil est de la partie. Aujourd’hui, je n’ai rien de « croustillant » à raconter.

Le lendemain 10 avril, la météo est mitigée quand nous prenons la route. Premier arrêt sur l’aire de repos du viaduc de Millau que nous allons franchir pour la première fois. Ce viaduc à haubans est une gigantesque mégastructure métallique franchissant la vallée du Tarn, dans le département de l'Aveyron.

C’est le dernier maillon de l’autoroute A75 permettant de relier Clermont-Ferrand à Béziers. Ce projet a nécessité treize ans d'études et trois ans de construction. Les études ont commencé en 1988 et l’ouvrage a été inauguré le 17 décembre 2004. Ce délai est relativement court au regard des contraintes exceptionnelles tant environnementales que techniques que présentait le site. Il s'agit en effet de franchir une brèche de plus de 2 500 mètres de longueur et de 270 mètres de profondeur au point le plus haut, dans un panorama de grande qualité et avec des vents susceptibles de souffler à plus de 200 km/h. Et ce en jour le vent souffle à écorner les bœufs. L’ouvrage est actuellement le pont le plus haut du monde avec ses sept piles dont les deux plus hautes culminent à 245 m et 221 m de hauteur , les plus hautes au monde. Son tablier haubané culmine à 270 mètres au-dessus du Tarn, il est le plus long au monde (2 460 mètres).  Il a coûté la bagatelle de 320 millions d’euros. Et son franchissement nous coûte 9 euros dans chaque sens. Ce soir nous bivouaquons à Aniane. Pas de structure d’accueil/services C.C. malgré nos infos qui annoncent le contraire. Il pleut toute la nuit.

Le lendemain, de Aniane à Narbonne/Gruissan (125 Kms) nous bivouaquons sur l’aire (des quatre vents) de services/parking (immense) sous une pluie battante qui ne nous quittera plus pendant 48 heures. On y fait nos vidanges et on y dormira une nuit. La nuit suivante, nous dormons à Port-Vendres. Toujours sous la pluie.  Cela devient inquiétant. Le rendez-vous avec le MCB est pour cette après -midi. Il est quatorze heures trente, ce lundi 13 avril,  lorsque nous rejoignons, à Sorède,  les organisateurs tout au bout de la Vallée Heureuse. On a mis du temps à trouver le lieu du rendez-vous. Le GPS nous a bien aidé.

     

Là !. Ils sont là, nos « geos » bien installés au soleil, en contre bas, dans la prairie. On y accède par un petit chemin, un peu…. boueux, avec quelques flaques d’eau pas bien méchantes. Nous y allons molo-molo, sans problème. Les placeurs sont là, ils nous aident à la manœuvre. Une cale par ci, une cale par là. « Stoooop. Plus bouger ! ». Bien content d’être enfin arrivé, on obtempère de bonne grâce. 5 ou 6 véhicules  sont arrivés avant nous. Vive les retrouvailles. Bisous, bisous par ci, bisous, bisous par là. Et cela va durer comme cela jusqu’au soir.  Amusant. Après la distribution du traditionnel road book, nous recevons chacun notre cadeau pascal. Il y a, en plus des œufs de pâques en chocolat, une rose et des bougies multicolores pour agrémenter l’ambiance de nos soirées.

A présent, il est 19 heures. Tout le monde est arrivé.  C’est l’heure du discours de bienvenue. C’est notre Président et organisateur qui se charge de nous accueillir avec des mots chaleureux. Les « Bravo ! bravo ! bravo ! » retentissent de toute part dans ce décor champêtre. Chantal et Pol nous servent le traditionnel apéro de bienvenue, et les « bravos » redoublent. C’est alors qu’ils nous font part de l’inquiétude qui les a tenaillé, « because » la pluie pouvant rendre impraticable la rampe de sortie de la prairie.  Si mes informations sont exactes, un tracteur agricole a été prévu pour aider les véhicules en difficulté. Personnellement, avec mon Ford Transit, en surcharge,  propulsé par quatre roues motrices jumelées, cela n’aurait posé aucun problème même si la pluie était revenue.

Alors, là, avec la pluie, c’est sûr que les véhicules tractés auraient fait appel au tracteur, mais voilà, il n’a pas plu et la démonstration n’eut pas lieu.

 

Le lendemain matin, 14 avril, le programme des visites commence par la fabrique  de fouets et cravaches de Sorède. Quelques courageux, pas nombreux, font le chemin à pied, très bien, d’autres se regroupent dans les M.H. et nous pas plus courageux que les autres, nous y rendons en scooter. Là, sur le site des « Micocouliers » on découvre des moins valides au travail dans un cadre parfaitement approprié. Ils fabriquent à la main dans le plus pure style artisanal des articles de sports équestres et de chasse en bois de micocoulier, arbre de la famille de l’orme, tous ces articles sont fabriqués à la main par des travailleurs handicapés installés dans de nouveaux ateliers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’après-midi, toujours sous un soleil radieux, nous visitons la « Vallée des tortues ». C’est un magnifique parc de 2 ha, d’intérêt scientifique et botanique, où les visiteurs parcourent un véritable tour du monde : celui des tortues. Il y en a des petites, des moyennes et des grosses. Tous les continents sont représentés. Dommage que notre guide avait oublié son porte-voix.

Le mercredi 15 avril, c’est matinée libre. Mais, départ en individuel à Maureillas las Illas où nous sommes attendus sur le parking du boulodrome en prévision de la visite du musée du Chêne Liege à 15 heures.

 

            

Et c’est précisément pendant cette visite qu’est survenu l’impondérable tant redouté.

Pendant notre visite du musée, un coup de vent aussi violent qu’imprévu a arraché le lanterneau resté ouvert sur le toit de mon véhicule. Encore heureux, que dans son envol, ce lanterneau n’a blessé personne, ni abîmé les autres véhicules stationnés à côté du mien. Les commentaires  vont bon train. Heureusement que ci…... Heureusement que ca……. J’ai surmonté la panique, grimpé sur le toit et avec les moyens du bord, en l’occurrence, des larges bandes auto-adhésives, j’ai fixé l’épave du lanterneau à l’emplacement prévu à cet effet.

 

Jeudi 16 avril.

 

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne doivent pas connaître…..

C’était au temps où Bruxelles Bruxellait….

Où l’on prenait place de Brouckère, assis à la terrasse du Métropole, un excellent apéritif.

Je vous parle bien sûr du délicieux apéritif BYRRH.

Nos jeunes d’aujourd’hui ne savent pas ce qu’ils ont manqué. Le BYRRH n’a rien de comparable avec un Red Bull, un whisky coca, un Bayless…..

Voilà pour quoi notre club, en connaisseur averti, est descendu dans les caves, oh combien surprenantes, des ateliers de fabrication de ce délicieux breuvage.

Je ne vais pas vous reparler comme cela a été fait dans le roue libre du mois de fev.-mars des 600 cuves de chêne massif du XIXe siècle et de ce vin généreux à base de quinquina aromatisé de plantes aromatiques.

 Ce qui m’a plu en dehors de tout cela :

1) la magnifique gare avec ses quais de débarquement,  son armature métallique  fabriquée par les ateliers métallurgique Eiffel.

2) le splendide comptoir de bois que l’on transbahutait de foires en foires pour présenter les différentes liqueurs fabriquées par la firme Byrrh qui commercialisait également le Cinzanno, le Dubonnet et l’Ambassadeur .

3) Les merveilleuses affiches publicitaires qui furent de nombreuses fois primées vers les années 1900.

Inutile de vous dire qu’un grand nombre de participants ne s’est pas privé d’acheter plusieurs bouteilles d’apéritif pour retrouver les saveurs d’antan.

L’après-midi,  les orgues de l’Ille sur Têt, sonnèrent le rassemblement de notre club pour nous éblouir en toute majesté de leurs concrétions calcaires découpées dans cette roche meuble.

La soirée se termina au camping où tout le monde se rassembla pour chanter ensemble le bonheur de se retrouver, accompagné à la guitare par notre barde de service à savoir la délicieuse Claire Tuts.

 

Vendredi 17 avril

 

La matinée était libre et le soleil au rendez-vous.

Certains en ont profité pour rayonner dans cette belle région et d’autres pour se balader dans la ville de Vinça dominée par le Mont Canigou.

Ancien village fortifié, Vinça a gardé de son passé, une partie de ses remparts ainsi que de vieilles rues dont les maisons à encorbellements ont conservé de beaux portails.

L’église, classée monument historique, renferme un orgue du XVIII ème siècle.

Après le dîner, chaque équipage s’est dirigé vers Villefranche-de-Conflent, petite cité entourée d’une puissante enceinte fortifiée.

Certains ont pris le temps de visiter cet ensemble architectural bâti dans le marbre rose, d’autres se sont réfugiés dans leur motorhome car il a plu toute l’après-midi.

   

A 17H, nous avons rejoint le parking des Grottes de Canalettes. Bravos aux placeurs qui ont grandement facilité notre stationnement.

A 18H, nous nous sommes rendus à l’accueil des Grottes . En attendant la visite guidée, nous avons pu admirer une magnifique collection de minéraux, d’objets artisanaux et de bijoux.

Au cœur d’un chef d’œuvre architectural de la nature, nous avons découvert des stalactites et autres stalagmites, des draperies de pierre...

La visite s’est terminée par un spectacle «  son et lumière » unique en son genre.

Vers 20H00, après le briefing,  un copieux repas catalan nous attendait.

Edmond, le guide anima cette soirée avec la complicité d’Henri.  Il fut difficile d’échapper à une initiation au pourrou.

   

Boire à la régalade consiste à renverser la tête et à laisser couler le breuvage sans que le récipient touche les lèvres.

Edmond s’est fait un plaisir de le faire essayer aux gens du nord.

Ce fut une sacrée partie de rigolade. Certains ont bu sans difficulté et même avec aisance, d’autres ont bu avec hésitation, s’arrosant même le visage… ça dégoulinait de partout. Heureusement, les serviettes ont préservé les vêtements.

Ce deuxième souper nous a permis de faire plus ample connaissance avec chacun dans un climat de convivialité.

Après cette soirée agréable et bien arrosée, nous avons rejoint nos motorhomes respectifs. Samedi 18 avril

    

Après une nuit tranquille,  nous nous sommes rendus à pied vers la gare de Villefranche-de-Conflent afin d’emprunter le célèbre petit train jaune, un des symboles de l’identité catalane, fruit du développement durable du début du XXème siècle.

Cette ligne est magnifique et passe sur de nombreux ouvrages d’art.

La construction de cette ligne est un vrai défi à Dame nature. C’est impressionnant de voir la hauteur des ponts et viaducs.

Après 1H30 d’émerveillement, nous sommes descendus à la gare de Mont-Louis.

Nous avons visité la citadelle militaire classée au patrimoine mondial de l’humanité avec le réseau Vauban.

Une guide compétente nous a évoqué l’histoire de la cité, son développement et son avenir sous le label de l’UNESCO.

Elle s’est attardée devant le puits des forçats.

Le puits des forçats est un système de récupération de l’eau potable datant du XVII ème siècle.

Egalement appelé roue d’écureuil, il est composé d’une énorme roue que l’on devait faire tourner pour enclencher un système de poulies, le but final étant de faire remonter un énorme seau d’eau au niveau du sol.

Vu qu’il s’agit d’une roue d’écureuil, il fallait entrer dans la roue pour la faire tourner.

C’est la pénibilité du travail fait par les soldats qui a donné ce nom à ce puits.

La guide nous a également expliqué qu’au début du XX ème siècle, une mission conjointe entre le centre national d’entraînement commando, qui occupe la citadelle de Mont-Louis, et la régie du tourisme et du patrimoine a permis aux militaires l’exploration du puits des forçats.

Ces derniers ont remonté à la surface quatre seaux, découverts deux à deux.

Le puits des forçats fait 28 mètres de profondeur, dont 12 d’eau à 6 degrés seulement.

Il faut savoir qu’il n’existe en France qu’un seul autre modèle de puits de ce type.

Après un dîner pris dans un restaurant ou à la bonne franquette, nous avons visité le four solaire.

La région bénéficiant de plus de 3000 heures de soleil par an, les scientifiques choisissent Mont-Louis pour y tester des travaux sur l’énergie solaire.

A partir de 1949, le professeur Trombe construit dans la citadelle militaire un immense miroir parabolique qui va concentrer les rayons solaires vers un point unique qui s’élèvera à près de 3000° c, température jamais atteinte autrement, en longue durée et gratuitement.

Ce sera le premier four solaire à double réflexion du monde.

Après plusieurs années d’essais, le four sera abandonné pour de plus grandes structures et déplacé sur les remparts.

La première application industrielle a été la cuisson de céramiques d’art puis la fusion du bronze ou de l’aluminium pour la fabrication d’objets usuels ou plus originaux comme le sifflet du train jaune.

Après ces visites instructives,  nous avons repris le petit train jaune et rejoint nos motorhomes.

 

Dimanche 19 avril

    

Après avoir sillonné le pays Catalan sous un ciel capricieux, nous partons vers TAUTAVEL découvrir le centre Européen de la Préhistoire et ainsi connaître l'origine et l'histoire de l'humanité depuis les premiers Européens jusqu'aux portes de

L'Histoire en prenant des exemples dans la proche région de Tautavel.

La visite audio-guidée du musée, passage dans les différentes salles abondamment commentées nous retrace l'évolution de l'homme dans l'univers, ses ancêtres, son histoire, sa vie, son habitat en passant par l'évolution de son mode de vie en fonction de l'amélioration des outils (allant de la pierre taillée à la pointe de hallebarde en bronze) ainsi que le changement physique, proche du primate jusqu'à l'homme de Néandertal .

L'après midi se termina agréablement par la dégustation des vins de Exulta et par le briefing du Président.

 

Lundi 20 avril,  par un temps ensoleillé nous partons vers Salses le château pour visiter son château fort, nous prenons le temps de pique-niquer ne devant être sur place qu'à 15 h. Visite guidée du fort de style Mauresque, construite à la demande du roi Ferdinand le catholique par un architecte Espagnol. La forteresse  gardait l'ancienne frontière entre la Catalogne et la France. Son plan et son architecture, révolutionnaires à l'époque, présentent un exemple rare de transition entre le château  médiéval et le fort moderne, à voir si vous passez dans la région.

 

Nous reprenons la route pour le repas de clôture à St Laurent de Salanque. Pour nous mettre en appétit, les organisateurs offre à tous les équipages un petit cadeau (une bouteille de muscat de Tautavel) geste fort apprécié de tous. Le repas de clôture débuta par le mot du président, continua dans la joie et la bonne humeur et se termina par la démonstration des talents de nos membres, en musique (guitare) et en chansons ainsi q'une démonstration de claquettes.

                                                                       André MASSART